Ce soir, c'est pas n'importe quelle soirée, c'est samedi, samedi soir. La soirée ou la plupart se sentent entourée, moi je me sens seule. On m'a proposé de sortir, j'ai dit non. J'aime comme je déteste, ces moments de solitude. Je refuse généralement les invitations, mais ensuite je me surprends à être triste de cette solitude. Je ne comprends pas tout à fait mes motifs, mais pourtant l'expérience se répète. Je souhaite vivre de nouvelles expériences, mais la solitude m'entoure par ma faute. À mes yeux, tout est distancé, alors qu'à leurs yeux nous sommes unifiés. Je ne cesse de penser que tout va changer avec le cours des événements, mais lorsque je rattrape le temps tout n'est pas différent. J'ignore quoi faire, quoi dire, quoi penser, pour retrouver mon entrain et vivre ma jeunesse. J'apaise les tourments des autres pour faire taire les miens, car il y a dans ma tête un chaos incontrôlable. Je souris et je ris, pour piétiner mes blessures morales. J'ai deux oreilles qui m'écoutent et qui me conseillent à qui j'acquiesse et je souris pour mieux oublier. Je ne trouve pas au fond de moi la motivation, la volonté, de dénouer les angoisses qui ligotent ma jeunesse. J'entends bien ce qui peut m'arriver, mais je me sens invincible. La cigarette cause le cancer. Je fume chaque fois que je peux. L'ecstasy peut être mortelle. Je trouve qu'il n'y a pas meilleur sentiment. Il ne faut pas garder ce qui ne va pas à l'intérieur de soi. Je prends bien soin de cacher ce qui me hante. L'opposé c'est donc la liberté.


